Longanime

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On ne pouvait dire de Théophane qu'il aimait son boulot

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On ne pouvait dire de Théophane qu'il aimait son boulot.

À dire vrai, l'individu aux belles boucles noires et brillantes le haïssait.

Tout bonnement.

Le pauvre homme était professeur.

Dans un collège.

Pas de sport, comme sa musculature fine mais aisément décelable par temps chaud, pas plus d'histoire comme sa voix de stentor le laissait supposer

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Pas de sport, comme sa musculature fine mais aisément décelable par temps chaud, pas plus d'histoire comme sa voix de stentor le laissait supposer...

En réalité, Théophane enseignait la langue française, à ces satanées têtes non pensantes.

Ce qu'ils étaient bêtes, les enfants de nos jours.

Sûr et certain qu'à son époque, un bon quart des élèves de quatrième était habitué à rendre une dictée sans la moindre faute.

De même pour les devoirs maison.

Mais pour cela, encore auraient-ils fallu qu'ils les fassent, ces devoirs.

Nul intérêt de leur mettre des zéros : le cercle ovale ne faisait plus frémir grand monde, hormis quelques exceptions pas encore tombées dans les pièges de l'idiocratie environnante.

Des enfants aux parents stricts, interdits de tout contenu débilisant et par là même, d'un certain réseau social adepte du contenu temporaire.

Pour ceux-là, Théophane avait la force chaque matin de se lever pour aller travailler.

Les autres lui laissaient à chaque correction la désagréable impression qu'il faisait cours à des sourds.

À des incapables même pas foutus de recopier correctement une leçon écrite au tableau.

Celles uniquement dictées par sa voix grave avaient produit un tel fiasco sur la moyenne générale de la quasi totalité de ses élèves des quatre niveaux auxquels il enseignait sa passionnante matière qu'il avait fini par abandonner cette méthode.

De ce fait, que ce soient les sixièmes sortis deux mois plus tôt de l'école élémentaire, ou bien les troisièmes au dernier trimestre et à l'aube de l'entrée au lycée, tous avaient droit à des résumés synthétiques, pourvus des mots quand le cours l...

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De ce fait, que ce soient les sixièmes sortis deux mois plus tôt de l'école élémentaire, ou bien les troisièmes au dernier trimestre et à l'aube de l'entrée au lycée, tous avaient droit à des résumés synthétiques, pourvus des mots quand le cours lui en laissait la possibilité les moins complexes possibles...

Bien évidemment entièrement écrites en gros au tableau.

Avec les termes importants écrits en rouge.

Certains soulignés...

Comme en CP.

Et pourtant, même comme ça, en se promenant dans la classe et en jetant des coups d'œil çà et là sur les cahiers pourvus de gribouillages et au contenu rarement aéré, des fautes le professeur atterré en retrouvait un paquet.

Parfois, il se demandait bien ce qu'il lui avait pris d'enseigner dans un collège.

Les élèves s'avéraient bavards, impolis, indisciplinés, pas le moins travailleur mais surtout, provocateurs.

S'il aurait su ce qu'aurait été son métier, le quarantenaire désespéré de cette génération écervelée aurait passé un tout autre concours...

Là, il aurait pu punir tels qu'ils le méritaient ces petits salopiots.

Mais à la place, il se raccrochait à l'espoir que parmi ces rares têtes biens faites, correctement nourries intellectuellement, l'une d'entre elles a minima quitte cet établissement mal chauffé en se rappelant de certaines notions inculquées par ses soins...

En attendant, il avait encore vingt-quatre ans de plus à subir, sans compter bien évidemment les possibles réformes de retraite bien parties pour calquer la règle en la matière d'Italie.

C'était bien difficile, fatigant physiquement comme moralement pour ce digne monsieur de voir gaspiller ainsi de si importants enseignements.

Néanmoins, il était bien dans l'impossibilité de faire autrement.

Néanmoins, il était bien dans l'impossibilité de faire autrement

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