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Elle se tenait là, debout, le dos légèrement penché en avant.
Ignorant la douleur, la concernée laissait sa nuque suivre le mouvement incliné de sa colonne vertébrale.
Cela, de manière à permettre à ses cervicales de se reposer.
Sur son visage crasseux, des mèches noires et grasses caressaient sa peau au teint gris.
Ses os saillaient un peu partout sur son enveloppe.
Ses côtes, recouvertes d'une longue robe, dont la coupe était devenue droite, en conséquence de la perte de poids, ballotait ses pans, à quelques dizaines de centimètres du vide.
La jeune femme bailla soudain.
L'air ambiant était tiède, puant et sec.
Cette dernière se trouvait dans une cave sombre à peine éclairée par un soupirail où, elle le savait, non loin, des hommes armés, accompagnés chacun d'un chien, guettaient la propriété.
Occasionnellement, la recluse entendait une série plus ou moins longue d'aboiements hargneux, dissuasifs et agressifs.
Ceux-ci sortant tout droit d'une ou plusieurs gueules de malinois.
Les poings liés, attachés à un tuyau épais qui parcourait une bonne partie de la pièce, l'intéressée avait désormais d'importantes irritations au niveau des poignets.
Ces derniers n'étaient libérés qu'une fois toutes les deux heures, au moment où une femme venait lui donner de quoi boire.
Parfois également de quoi manger un peu.
Aussi, celle-ci posait de temps à autres un sceau au sol entre ses jambes.
Avant de quitter la pièce.
Puis de revenir, la rhabiller et, enfin, prendre avec elle le résultat final de ses maigres repas.
Après chacune de ces visites muettes, la séquestrée d'ordinaire fraîche et vive retournait se plonger dans ses pensées.
Celles-là même qui lui permettaient chaque minute de supporter ce supplice, qui durait déjà depuis plusieurs semaines.
Elle dormait très mal, ses bras et ses épaules – heureusement en temps normal un minimum musclés – étaient si endoloris, que même sans prendre en compte la position inconfortable dans laquelle son corps se trouvait, il était difficile de trouver le sommeil.
Et d'autant plus de le faire durer.
Ses lèvres gercées, récemment fissurés car leur peau avait fini par devenir déshydratée, paraissaient repulpées en comparaison des autres zones de sa face.
Ses pommettes basses s'étaient fortement creusées.
Ses yeux devenaient de plus en plus profondément enfoncés dans leurs orbites.
Et sa mâchoire aurait pu être celle d'une retraitée un peu desséchée.
Tout au fond de ses prunelles noires, on remarquait bien un maigre soupçon d'espoir.
Bien qu'au fur-et-à mesure que son calvaire s'éternisait, elle en doutait, cette dernière espérait toujours qu'autre chose que la mort vienne y mettre fin.
Amélia perdait du poids à vue d'œil.
Son corps ferme et dessiné avait puisé à une vitesse effrénée dans ses réserves déjà maigres de graisse, pendant un temps.
Tentant de compenser les repas d'oiseau qu'on lui donnait.
La recluse sentait la sueur et, tout en regardant se mouvoir doucement ses longs pieds fins.
Celle-ci se fit la réflexion que leur saleté repoussante ne devait pas être bien différente de celle qui décorait son visage poussiéreux.
Brusquement, la jeune femme leva la tête en direction de la porte.
Une demi-heure seulement après le départ de la bonne, une autre personne entra dans la salle aussi propre que le corps pendu au plafond.
Vêtu d'un long manteau au tissu fin, le visage couvert par un masque plutôt adapté pour Halloween, l'être s'approcha doucement de la captive.
Ensuite, ce dernier sortit un long couteau, à la lame si brillante que même dans le noir à peine éclairé, l'acier dont elle était faite luisait contre sa peau.
Amélia tenta de crier, mais quelque chose l'en empêcha.
Quelques secondes après, l'arme trancha la corde qui lui lacérait les chairs.
La jeune femme aux cheveux noirs se laissa tomber sur le sol, avant de lever la tête vers le masque de son sauveur.
Enfin, elle était libérée.
Cette dernière ne pouvait pas le savoir, mais sous sa couverture, l'homme pensait tout le contraire.